Groupe de travail sur l'éditions avante au Canada

En 2016, l’Association Canadienne des Revues Savantes (ACRS) a été conviée à participer, avec de nombreuses autres organisations, au Groupe de travail sur l’édition savante au Canada (GTESC) piloté par l’Association des bibliothèques de recherche du Canada (ABRC), afin d’établir une vision, des principes et des objectifs communs qui pourraient servir de cadre à des modèles élaborés, solides, pérennes et collaboratifs pour la dissémination au Canada des activités savantes. L’ABRC a récemment publié le rapport final du Groupe de Travail.

L’ACRS est heureuse d’avoir eu l’occasion de travailler et d’entretenir des discussions avec les divers partenaires impliqués dans cette initiative; elle a particulièrement apprécié la rencontre à Ottawa durant laquelle les membres du groupe ont partagé ouvertement leurs visions sur les enjeux  auxquels est confrontée la publication savante au Canada. 

L’importance d’une large diffusion de la recherche a été un point sur lequel nous étions tous en accord; même si, tel que mentionné dans le rapport final du groupe, il subsiste des différences quant aux moyens d’atteindre cet objectif commun.  Le rapport final reconnait également l’importance de la diversité des modèles d’affaires et des structures de publication existantes au Canada, mais le cadre recommandé met principalement l’accent sur l’accès libre et une plateforme nationale de revues.  L’ACRS publie ce communiqué précisément en vue de clarifier sa position par rapport aux priorités de l’industrie de la publication de revues au Canada.

Les revues sont un élément essentiel de notre écosystème de communication universitaire, à titre de partisans du système des évaluations par des pairs, de défenseurs des chercheurs et de leur désir et besoin de communiquer leur travail, de coordinateurs de Conseil éditorial d’experts de réputation mondiale, et de fervents défenseurs de la crédibilité, disponibilité et pérennité de notre entreprise de recherche canadienne. Pour permettre aux revues d’accomplir cette tâche et d’être compétitives sur le marché international, l’ACRS estime que la viabilité financière doit être leur priorité absolue. C’est dans cet esprit que nous avons élaboré une proposition visant à la création du Fonds d’innovation et impact des revues, destinée aux revues canadiennes, également incluse dans le cadre du rapport; en effet, nous croyons fermement que le Canada devrait aspirer à accroître le professionnalisme,  la qualité et la compétitivité internationale de toutes ses revues savantes.  

Qu’elles soient fondées sur le mode de l’abonnement ou du libre accès, les revues doivent prendre en compte  les coûts continus de la production, de la commercialisation,  et de la dissémination du contenu de la revue; il est donc essentiel que ces revues bénéficient d’un solide appui financier pour amortir ces coûts ainsi que les frais de développement. Garantir un accès satisfaisant aux fonds disponibles est particulièrement important, car l’industrie évolue et la publication digitale fournit à la fois de nouveaux besoins de publication et d’opportunités.

L’ACRS, qui représente des revues qui utilisent une gamme diversifiée de modèles d’affaires, estime également que la diversité même des modes de gestion est indispensable à la santé de l’industrie de la publication savante; nous ne devrions pas perdre de vue le fait que le mode d’abonnement traditionnel génère des revenus substantiels provenant de l’extérieur du Canada, tout en permettant de disséminer largement leur contenu. 

En résumé,  l’ACRS reconnaît qu’une plateforme nationale de revues serait un complément précieux à l’infrastructure actuelle des revues, et serait un outil important pour aider de nombreuses revues à accroitre leur niveau de professionnalisme. Comme la question du libre accès continue de dominer les débats de l’édition savante, nous nous réjouissons de l’opportunité de poursuivre les discussions avec les membres du groupe de travail pour parvenir à trouver le moyen d’atteindre un modèle d’affaire pérenne pour l’accès libre, qui viendrait s’intégrer à l’infrastructure existante au Canada. Et nous anticipons  qu’en continuant ces discussions, le groupe de travail trouvera de nouveaux espaces de collaboration  qui permettront, avant tout (et surtout), de consolider l’industrie de la publication au Canada.

Suzanne Kettley 
Présidente

Comminuqué de l'Association Des Presses Universitaires Canadiennes